LifeSong Sailing

Avant propos/Avertissement:

Attention, l’histoire qui suit est bizarre! Elle a été écrite lors de notre dernière croisière au Groenland (été 2021) par notre équipier et ami Laurent Catala.

Il faut savoir que Laurent est un personnage original et tout à fait unique en son genre. Son histoire reflète bien son esprit « sans limite ».

Le récit que vous vous apprêtez à lire, n’a rien de réaliste et l’on s’excuse d’avance si des groenlandais pourraient être offensés par ces mots. Le Kiviak existe cependant réellement et c’est probablement lorsque Laurent en a appris l’existence que l’histoire à commencé à germer dans sa tête.

Le kiviak est un plat d’hiver traditionnel du Groenland fait d’oiseaux, généralement des mergules, fermentés plusieurs mois dans le corps vidé d’un phoque.

Wikipedia

Laurent s’est inspiré des membres de la croisière pour forger ses personnages (désolé Hélène, Michelle, Annick et Gilles…)

Le reste n’est que fiction.

Bonne lecture!


LA CROISIÈRE DU KIVIAK

ou le banquet groenlandais

Par Laurent Catala

Chapitre 1 : L’équipage 

« Oh, ça me rappelle il y a dix ans quand j’étais sur l’île de Madagascar. J’avais accompagné des pêcheurs du coin qui chassaient des espèces locales de thon rouge et j’avais pu observer des variétés de méduses proprement sidérantes. Je vais consigner celles-ci dans mon rapport de voyage tant leur aspect me semble ex-cep-tionnel ! »

Penchée par-dessus le flanc du Lifesong Prince du Danemark, voilier voguant sur les flots grisonnants de la mer du Groenland, la biologiste Hélène du Lez se prêtait comme toujours avec un plaisir non dissimulé à ses propres observations, même si celles-ci, quoique remarquables, s’avéraient toujours fort éloignées des préoccupations du bord. 

Il faut dire qu’après des semaines de route, l’expédition entamée par le Lifesong Prince du Danemark approchait enfin de son but : trouver les terres boréales lointaines des peuplades inuit les plus isolées du Groenland où se cuisinait encore le plus mystérieux des kiviaq, cette fort subtile recette de volatiles entiers cousus avec plumes et entrailles dans une peau de phoque, avant d’être laissés à macérer plusieurs mois dans leur jus sous un tas de pierres, à l’abri du froid et des prédateurs. 

S’agissait-il là de la plus succulente facette de la gastronomie du grand Nord ? Le doute était permis. Mais un indigène ramené quelques années plus tôt des contrées les plus septentrionales à la cour du Danemark, et dont le Roi avait fait son favori, en avait tellement convaincu le souverain, vantant notamment les vertus de longue vie que la consommation d’un tel met procurait à son sustenteur, que le kiviaq était devenu comme un fantasme dans l’esprit du suzerain. Au décès de son protégé, le Roi du Danemark ne s’en laissa donc plus conter. Il lui fallait cette recette et aussitôt, il se mit en tête de missionner l’expédition la plus à même de la lui procurer. 

Cette mission, vous l’avez compris, c’est donc bien celle du fringant voilier Lifesong Prince du Danemark et de son non moins fringant Capitaine, le Marquis Christophe de Votat. Plus désireux d’ouvrir de nouvelles routes maritimes et de se couvrir d’honneurs, que d’agrémenter le faste des banquets du Roi d’une nouvelle ligne au menu, le Marquis accepta sans ciller cette digne opération. Accompagné du jeune quartier-maître Antoine de la Mèche Blonde, il guidait la bonne marche nautique de cette royale destinée. 

Pour trouver la bonne route, c’est une aventurière québécoise, spécialiste de ces terres gelées et hostiles, que le Roi du Danemark avait choisie. Emma Coutu du Lac Saint-Jean avait arpenté le Groenland de long en large, le traversant en chien de traîneau, en kayak et en ski au cours de nombreux raids plus dangereux les uns que les autres. Bien que cette expédition les dépassait de loin, en visant à trouver les populations les plus sauvages et isolées, sa connaissance des lieux, de la langue, des us et des coutumes, s’avérait essentielle. C’est d’ailleurs à elle, et à elle seule, qu’un vieux chaman inuit extirpé quelques jours plus tôt de sa vieille cabane en tourbe, avait accepté d’indiquer la direction du village ignoré de toutes les cartes, où le fameux kiviaq tant recherché figurait encore à l’étal des traditions. Certes, le vieux bougre avait oublié lui-même si ce plat était plus un mythe qu’une réalité, mais la perspective d’atteindre enfin, après tant de jours de navigation, ce point mal situé du globe aux portes du Pôle, avait stimulé toutes les ardeurs. 

Pour mener à bien cette mission donc, le Roi avait bien fait les choses et l’équipage se complétait de la plus belle façon. Outre la déjà entraperçue Hélène du Lez, biologiste réputée, enrôlée pour asseoir la portée scientifique de l’aventure –  et accessoirement pour valider la qualité des ingrédients du fameux kiviaq – on trouvait aussi à bord : Michèle Cale Sèche du Crotoy, œnologue et sommelière officielle de la cour, spécialement chargée par le Roi de trouver quels vins et breuvages seraient le mieux susceptibles d’accompagner le fameux kiviaq ; L’archiprêtre Laurent du Roussillon, à la fois cureton obséquieux et courtisan arriviste, tout autant désireux de bénir de ses vaines paroles liturgiques le sacro-saint repas que d’évangéliser au passage les populations en détenant le secret ; Gilles de Vendée Bon Marché, médecin du bord, présent pour veiller aux bonnes vertus digestives du dit kiviaq ; ou encore et surtout la très fameuse Annick des Sables Colonnes, comédienne lyrique et ancienne maîtresse du Roi, devenue par la même l’incontournable récipiendaire du protocole de la cour qu’elle entendait ainsi continuer de superviser jusque dans la validation de cette nouvelle recette avant-gardiste.

Toute entière tournée vers sa mission, cette fière équipée de cœurs vaillants donc, autant dévouée à la réussite de sa singulière quête qu’aux inestimables retombées personnelles que cette découverte culinaire ne manquerait pas d’apporter à leurs propres privilèges et réputation, ne put donc s’empêcher de frémir d’impatience et de plaisir lorsque le petit village perdu apparut enfin à l’horizon. Niché au détour d’un fjord enneigé, il attirait leur regard comme un aimant qui aurait affolé la boussole de leur tentation. Et quand les premières embarcations en peaux de bêtes commencèrent à entourer le Lifesong Prince du Danemark, chacun savait que l’expédition était arrivée à son but. Restait maintenant à découvrir ses habitants et les attributs de ce fameux kiviaq qui les avaient conduits à parcourir une si longue route aux confins du monde connu.

Lifesong qui arrive dans un village groenlandais

Chapitre 2 : L’arrivée au village 

« Comme ils ont l’air charmant », s’exclama Hélène à qui voulait bien l’entendre. « Ils me rappellent une tribu que J’ai bien connue sur les rivages de la Côte d’Ivoire. » 

« Ils n’ont pas l’air d’avoir soif », poursuivit Michèle. « Sans doute, une qualité permise par leur fantastique acclimatation à la rudesse de ces climats », acquiesça le docte docteur Gilles.

« Ils ont des trous à leurs chaussettes », se contenta de dire la belle Annick, pour qui cela semblait déjà contrevenir à la bienséance du protocole. « Si Paris valait bien une messe, c’est toute une procession qu’il faudrait convoquer pour convertir de tels gueux », s’empressa d’ajouter, narquois, l’Archiprêtre pour qui le meilleur mot était toujours le dernier pour peu que ce soit lui qui l’eût prononcé. 

Tandis que le jeune quartier-maître Antoine abandonnait déjà son regard vers les plus jeunes et jolies filles de la tribu, qui lui faisaient signe depuis les maisons, et que le capitaine de Votat cherchait lui de son côté les plus belles formules pour agrémenter les prérogatives diplomatiques d’usage de sa mission, seule l’expérimentée Emma demeurait un peu à l’écart de la contemplation générale satisfaite

« Ils ont l’air bizaâârre », glissa-t-elle avec son charmant accent gaspésien sans que personne n’y prêta attention.

Car déjà, les premiers Inuits se portaient à hauteur du pont. Le mouillage effectué, la délégation au grand complet mit la chaloupe à la mer pour pouvoir enfin débarquer. Quelques encablures plus loin, elle faisait ses premiers pas à terre au milieu d’une population à l’accueil bon enfant et des plus enjoués.

Entouré par cette masse débonnaire, qui tâtait autant des doigts que du regard ces voyageurs étrangers, l’équipage du Lifesong Prince du Danemark se fit alors conduire jusque devant la plus grande hutte du village. En sorti dans son plus bel apparat un bien étrange personnage. Surmonté d’une coiffe qui s’avérait être une tête de morse avec ses deux dents proéminentes, vêtu d’oripeaux d’ours lui donnant une touche altière à faire pâlir le Marquis de Votat, le chef du village les accueillait avec une bienveillante bonhommie tandis que ses sujets redoublaient de sourires ricanants et proféraient hourrah et youppie (en langue du crû, bien entendu). 

« E-mma ? Ma chère enfant. Veuillez informer ce grand escogriffe du caractère royal de notre mission je vous prie », demanda le Capitaine-Marquis, visiblement soucieux de paraître à la hauteur du prestige du cérémoniel vestimentaire en ajustant ses manches et son chapeau avec toute la prestance exigée par sa fonction. 

« Grand chef, nous sommes icitte missionnés par son altesse le Roi du Danemark pour lui faire découvrir la recette du kiviaq dont votre villaââge semble avoir conservé le secret », s’essaya à traduire avec bien plus de diplomatie la polyglotte Emma, dans le dialecte inuit qui lui semblait le plus approprié. 

Le vieux chef sembla la comprendre et en parût fort content. Il opina de la tête tout en adressant de grands gestes à ses administrés. Il désigna ensuite une grande construction centrale où déjà s’activait toute une fourmilière de ses villageois. « Ils ont l’air de vouloir rapidement nous inviter à table », se félicita Hélène du Lez. « C’est tout à fait dans l’esprit d’accueil de ces peuplades primitives et cela me rappelle d’ailleurs un de mes voyages sur l’Orénoque où le chef du village avait tout de suite saisi que j’avais grand-faim sans pour autant connaître aucun des mots que je lui disais », glapit-elle au capitaine. Mais celui-ci, pas plus que les fois précédentes, ne l’écoutait vraiment. « Comte de Votat… Non, duc de Votat, voilà qui me conviendrait fort bien… », se disait-il à lui-même en imaginant déjà son retour triomphant à la cour du Roi. 

chef du village inuit avec morse sur la tête

Chapitre 3 : Le repas

Devancée par leurs hôtes aussi pressés que pressants, la délégation se fit conduire dans le bâtiment. La pièce était sombre, mais haute. En son centre, un foyer illuminait les lieux, où déjà brillaient mille lueurs qui semblaient être les yeux des villageois attroupés autour des visiteurs. Ceux-ci furent invités à se rapprocher tandis que plusieurs indigènes faisaient irruption avec ce qui paraissaient être de grands sacs. Ils les disposèrent au milieu de la salle sous les vivas de leurs congénères de plus en plus excités. Visiblement, les préparatifs avançaient. 

« Ça empeste », releva Annick au moment où les autochtones déchiraient les peaux des sacs. À cet instant précis, un flux difforme de chairs et de plumes se répandit au sol, provoquant l’extase des habitants des lieux. « Ooooh !  Et l’on n’a même pas un petit Chardonnay pour accompagner tout ça », regretta Michèle. « Un véritable nid à bactérie », professa le docteur Gilles en compulsant son petit bréviaire médical illustré pour s’assurer de la véracité de ses propos. 

Tels des gloutons friands, les Inuits commençaient à dévorer les proies putréfiées s’échappant des besaces gluantes, non sans en offrir quelques morceaux de choix à leurs invités de marque. La libation commençait. Des petites écuelles de portion bien choisies leur furent ainsi présentées tandis que l’atmosphère changeait brusquement. De festive et sympathique, l’ambiance devenait subitement plus orgiaque. Les villageois s’empiffraient comme des morses affamés et leurs bruits déglutis s’apparentaient désormais à quelque bacchanale sauvage déferlant sur la banquise comme le souffle du blizzard. 

« Mais, c’est ignoble », susurra Annick qui n’avait pourtant fait que sucer son doigt glissé dans la chair gélatineuse ». « Proprement infect », acquiesça le docteur en hoquetant. « Ooooh !  Ce n’est pas si mauvais » tempéra Michèle qui avait déjà vidé sa gamelle. « Avec un chablis, ça serait même gouleyant », asséna-t-elle même à ses compagnons médusés. 

Observant l’évolution de la situation, l’Archiprêtre Laurent, qui était resté en retrait jusque-là, tira la tunique du Capitaine. « Ça tourne mal, Marquis. Regardez ces sauvages. Ils sont ivres de cette nourriture, comme des loups à la pleine lune, et leurs yeux scintillent à présent comme les flammes de l’Enfer. » Effectivement, les Inuits entraient désormais dans une sorte de transe digestive effrayante. Ils bavaient de plaisir en roulant des yeux de flétans. Leurs cris ressemblaient de plus en plus aux hululements de goules. « Il serait sans doute plus prudent de regagner le bateau », poursuivit l’homme de Dieu tout en entraînant discrètement à sa suite le désormais bien moins sémillant capitaine. 

Voyant l’homme de robe et le marin s’éclipser discrètement, Emma tira à son tour le paletot du quartier-maître Antoine, qui saisit à son tour doucement le col d’Annick pour se rapprocher de la sortie de la hutte. Tout deux avaient soigneusement pu éviter tout contact avec la nourriture. Mais pour Hélène, Michèle et le Docteur Gilles, la situation semblait plus compromise. Plus en avant du festin, les Inuits les entouraient, paraissant déjà les dévorer des yeux. « Cela me rappelle la fois où une bande de kanaks voulut me faire manger une tortue à peine bouillie au large du Vanuatu », tenta d’expliquer la biologiste à son voisin, un solide pêcheur au regard vitreux et au rictus dégoulinant de bave. Elle ne finit pas sa phrase que ce dernier lui croqua la moitié de la main avec le bruit d’un piège se refermant sur la patte d’un ours. Le hurlement de douleur d’Hélène du Lez scella son festin, enfin plutôt son destin, et une dizaine d’Inuits se jetèrent sur elle comme une meute de hyènes se précipitant sur un phacochère.

 « Mais !?  Voulez-vous bien laisser Madame du Lez », protesta le docteur. Ses lunettes ayant glissé de ses yeux du fait de la bousculade, le praticien ne percevait qu’indistinctement le dramatique de la situation. Il se tourna alors vers Michèle pour obtenir son soutien face à un tel manque de courtoisie. Il ne vit donc pas très bien que le regard de la sommelière avait lui aussi changé. Enivrés par la chair putride, ses yeux avait pris le même aspect abject et exorbité que ceux des indigènes. Ses traits déformés exprimaient désormais une haine sans nom et sa bouche s’ouvrit sur une rangée de dents qui, tels des crocs, paraissaient avoir triplé de volume. D’un bruit sec, elle referma son bec sur la gorge du malheureux docteur. Celui-ci ne sut lui répondre que par un gargouillis vocal de sang mêlé d’incompréhension. 

Chapitre 4 : la fuite

Les habitants et Michèle occupés à dévorer Hélène et le docteur, Emma, le quartier-maître Antoine et Annick à demi-inconsciente purent s’extirper de la cahute. Mais, en regagnant le grand jour, ils virent que le Capitaine et l’Archiprêtre ne les avaient point attendus. Ils ramaient prestement comme des damnés sur la chaloupe à mi-chemin du Lifesong Prince du Danemark, sans jeter le moindre regard en arrière. 

Ils n’eurent pas le temps de leur adresser le moindre juron, car derrière eux déjà les premiers villageois zombifiés étaient sur leur pas, ainsi que Michèle devenue bien malgré elle la première louve-garou picarde maritime de l’histoire depuis la création. « Par icitte ! », cria Emma en désignant un attelage de chien de traîneau à l’orée du village. Derrière eux, les sauvages hurlaient et couraient de plus belle, comme autant de ventres affamés. 

Guidés par leur chef, dont les dents de morse du couvre-tête paraissaient elles-mêmes avoir participé à la mastication générale, un grand nombre des Inuits se dirigèrent vers l’eau. Ils avaient eux aussi aperçu au loin la chaloupe regagnant le voilier, et comme déguster le capitaine des visiteurs leur paraissait l’option culinaire la plus raffinée, il leur sembla prioritaire d’aller s’emparer de cette portion de choix en premier. Les premiers kayaks furent mis à la mer dans une bordée de vociférations inhumaines tandis que les pagaies brassaient l’eau à la vitesse du rorqual. Le Lifesong Prince du Danemark n’était plus qu’un garde-manger flottant à portée de leurs griffes. 

Pendant ce temps, à peine poursuivis par une dizaine d’entre les sauvages, parmi lesquels Michèle tenait la corde, Emma, Antoine et Annick avait atteint le traîneau à chien. Les animaux étant déjà harnachés, Antoine disposa Annick, tout à fait évanouie maintenant, sur la banquette et s’empara des rênes. Emma se chargea de défaire la traîne qui entravait l’engin. Elle parvint à la détacher et esquiva l’assaut d’un premier Inuit en l’assommant à l’aide d’une dent de narval. « Démarre !  Enweye ! «, cria-t-elle à Antoine tout en cherchant à s’accrocher au traîneau. Mais, surgissant tel un diable sorti de sa boîte, Michèle la plaqua au sol. En s’éloignant, Antoine ne put que voir les canines hypertrophiées de Michèle s’enfonçant dans la cuisse d’Emma tandis que la neige rougeoyait sous leurs corps. Pour elle aussi, il était trop tard. 

À bord du Lifesong Prince du Danemark, la situation n’était pas moins désespérée. Sitôt arrivés à bord, le Capitaine-Marquis et l’Archiprêtre avaient bien tenté d’appareiller, mais propulsés par une force maléfique, les sauvages s’étaient abattus sur eux comme une nuée de sauterelles. À peine les premiers Inuits montés à bord, le Sacristain s’était mis à escalader la grand-voile comme s’il voulait directement rejoindre le ciel. Il n’atteignit même pas la plus haute vergue que les premiers assaillants lui grignotaient déjà les mollets.

Dans les entrailles du bateau, l’officier de marine cherchait lui aussi quelque refuge miraculeux au milieu de ses cartes et souvenirs de voyage. Un placard lui parût assez spacieux pour pouvoir s’y cacher. Las, le pan de sa redingote vint se coincer dans l’ouverture indiquant aussi sûrement sa présence au chasseur que la queue du lièvre dépassant du terrier. Son cri de désespoir au moment où sa cache fut ouverte se conjugua aux gloussements ravis de ses bourreaux transis. 

traineau à chiens sur la calotte glaciaire

Épilogue : Sauvés ? 

Du haut de la colline qu’il avait pu gagner avec son attelage. Antoine contemplait avec effroi le pillage morbide du Lifesong Prince du Danemark. Malgré tout ce désastre, il se sentit enfin lui-même un peu à l’abri. Ses poursuivants avaient été distancés et, sous ses yeux à l’horizon, l’immensité du plateau glaciaire ressemblait à un sésame pour l’espoir. En tournant la tête, il observa Annick qui paraissait dormir, bien que la pâleur de son visage ait déjà quelque chose d’inquiétant. 

« Allez ! », se dit-il comme pour se donner plus de courage en encourageant ses chiens à poursuivre leur course. « En allant tout droit vers le sud, nous parviendrons bien à rejoindre quelque poste isolé de la civilisation ». Inconsciemment, Antoine se relâchait un peu. Il se voyait déjà racontant son incroyable histoire dans une taverne animée du port d’Hambourg, de Londres ou de Copenhague. Il souriait presque, savourant la bonne étoile qui l’avait tiré de ce pétrin insensé. La vie s’offrait de nouveau à lui.

Perdu dans ses pensées, il ne vit pas que, subrepticement, Annick avait doucement ouvert son œil, portant sur lui un regard lugubre et immobile. Lentement, sa bouche s’était ouverte, dévoilant la longue blancheur mortuaire d’une dent gourmande aux aguets. Tandis que les derniers échos s’élevaient du village au loin et de son banquet funeste, le traîneau n’était bientôt plus qu’un point noir sur la piste immaculée.

Un point noir qui bientôt disparut comme dévoré par les derniers rayons du soleil arctique. 

Un été entre parenthèses

Depuis 2011, que je voyage régulièrement au Groenland. Que ce soit en ski, en raquette, en randonnée, en kayak ou à la voile, ce pays me fascine à chaque fois. C’est un territoire fabuleux qui a tant de possibilités à offrir à ceux qui aiment l’aventure.

L’année 2021 était plutôt mal partie pour nous permettre d’enfin y retourner, mais grâce à notre patience, notre persévérance (nos têtes dures) et avec un peu de chance, le Groenland nous a ouvert ses portes cet été! Je vous avoue qu’on y croyait à peine et que l’arrivée de chaque groupe nous semblait un miracle. 

En sortant de l’aéroport (car je suis allée rejoindre LifeSong en avion), je n’ai pas pu retenir un « YAHOUUUU! » à en faire vibrer les icebergs. 

Enfin, j’avais l’impression de respirer à nouveau. Après un an et demi d’incertitudes, de questionnement et de stress, on y était. La beauté du Grand Nord était là devant nos yeux comme si rien n’avait changé. 

La Baie de Disko était pleine de glaces, mais vide de monde. Les touristes étaient rares cette année; aucun bateau de croisière et à peine une poignée de voiliers sur tout le territoire. Les quelques-uns qui ont eu la force de s’y rendre ont pu apprécier le calme spectaculaire des grands espaces avec l’impression d’être seul au monde!

Sans Covid?

Notre saison 2021 fut bien courte par rapport à celle planifiée, mais comme ce fut bon de retrouver notre vie, nos mouillages sauvages, les glaciers qui craquent, les villages silencieux et… une vie sans COVID! 

Le Groenland est probablement un des pays les moins touché par la pandémie. Zéro décès et moins de 500 cas depuis le début de la crise (et seulement 11 cas dans la première année). La vie là-bas est sereine et avec peu de connexion tout au long de l’été, on en a presque complètement oublié l’état du reste du monde. 

La vie de chasseurs-cueilleurs

On ne voyage pas au Groenland pour manger des salades fraîches et découvrir de grands restaurants. Malgré que sur la côte ouest on trouve maintenant de tous dans les supermarchés…

On vient au Groenland pour revenir aux sources. Pêcher et cueillir sa propre nourriture. Sur presque tous les voyages nous avons attrapé des morues, flétans, loups et ombles arctiques en plus de ramasser moules et oursins! Ça ne peut pas être plus frais dans l’assiette! 

À terre, on a aussi cueillies des champignons (bolets et rosés des près), des baies (airelles et camarines), de l’angélique (ça ressemble à du céleri) et du thé des bois. Quelquefois la cuisinière ne savait plus quoi faire face à l’enthousiasme des cueilleurs!!!

Donc, presque tous les jours, on consommait les produits de notre récolte: fish & chips, acras de morues, gravlax, muffins aux airelles, soupe de poissons, moules marinières, etc.

Et comme on n’est pas réellement des chasseurs, on complétait le « menu groenlandais » par des produits locaux: boeufs musqués, caribous, agneaux, crevettes, pétoncles, phoques, baleines et même narvals.

Certaines personnes étaient réticentes à goûter la viande de mammifères marins. C’est vrai que c’est assez loin des standards de goût occidental. Pour vous donner une idée, le matak (gras de baleine fumé) c’est un peu comme mâcher un pneu de vélo (peau) avec du saindoux qui fond dans la bouche (graisse). Une expérience culinaire tout à fait unique en son genre… 

La viande de phoque, quant à elle, est très rouge, presque noire. On a l’impression de manger du steak, mais cela a un goût de poisson. 

Au revoir Groenland!

Voilà, toute bonne chose a une fin… nous voilà reconnectés. Avec pleins de souvenirs et de nouveaux projets en tête!

LifeSong sortira bientôt de l’eau (en Bretagne!) pour son petit chantier annuel et nous on rêve déjà à la Norvège et au Spitzberg 2022!

Écrit par Christophe, le Capitaine de LifeSong à la fin de la traversée vers le Groenland

En ce début de mois de juin, notre agenda s’est soudainement bousculé par l’ouverture du Groenland au tourisme. 
Nous avions échafaudé de nombreux plans et avions essayé d’anticiper la vaccination pour ne pas nous retrouver bloqués par un passeport vaccinal qui risquait d’être imposé pour tout déplacement à l’étranger. 
C’est pourquoi notre date de départ demeurait fixée à notre deuxième dose le 5 juin.

Mais rien n’était joué car, pour se rendre au Groenland, les routes à emprunter peuvent être tumultueuses; variées par des options plus ou moins risquées. Une route Nord, par l’Irlande, les Feroés puis l’Islande pour redescendre le long de la cote Est du Groenland, sans pouvoir s’y arrêter à cause du pack transporté par les courants polaires. Soit par le Sud vers les Açores et les États-Unis… Soit directe car le timing ne nous permettrait plus d’envisager les autres options.

Le compte à rebours était lancé et de grosses dépressions traversaient l’Atlantique générant des vents de 100km/h proche des côtes irlandaises. 

Imaginez vous être accroché sur le dos d’une tortue et devoir prendre un itinéraire pour traverser une autoroute lors d’un retour de vacances!!

L’équipage s’est composé en dernière minute et, avec du recul, il aurait pu être difficilement mieux choisi.
Nous sommes 4 à bord, chacun notre cabine et notre douche. Quel luxe.

Après une semaine d’attente à la pointe Ouest d’Irlande sans débarquer, à apprendre à nous connaître, nous nous lançons pour cette transatlantique un peu spéciale .

Un début un peu rude, une bonne mise en situation de ce qui nous attend pour la suite, car la route est longue et l’arrivée semée d’embuche (icebergs).

Et là, la vie prend une autre mélodie.

Des quarts de nuits toutes les trois heures, alternés au fil des journées. 
Un autre confinement? C’est à peu près ça, avec autour de soit l’immensité de l’océan, des journées rythmées par les éléments et les menus improvisés en fonction de la météo .
La nuit, parfois même la journée, on pense à ceux que l‘on a laissé sur le quai qui nous regardaient nous éloigner vers l’inconnu, à ceux que l’on à hate de retrouver, s’inventant ce moment si délicat qui réconforte. 
À ceux qui nous sont chers que l’on a pas vu depuis trop longtemps, à qui on aimerait dire que l’on pense souvent à eux, et pourtant, que l’on n’en prend jamais le moment .

Aux repas, on se retrouve tous les quatre dans le carré, pour discuter, et souvent rire aux larmes.

On s’invente des histoires sur une course improbable, BANTRY (Irlande) — QAQUOORTOQ (Groenland).
Où les plus fous accepteraient un règlement insensé: mise à la cape obligatoire pendant 24h, 100 Milles nautiques minimum d’ancre flottante à tracter, etc.
Quant-aux bateaux, ils devraient répondre à certains critères étranges comme un air bag anti-Iceberg, un gréement minuscule, une vache à eau noire accrochée dans le mat, une machine à laver le linge traînant dans le sillage et un lave-vaisselle sur moteur atomisant les assiettes à plus de 1000 trs/ min. (note: délire total de la part de l’équipage)

Huit jours et le cap Farvel grossit sur notre carte, les premiers icebergs ont pointés le bout de leurs nez sur notre radar. C’est notre Furuno qui aura sa double ration de Rhum!!
Encore un petit bout de route mais le plus dur est derrière nous.

Dans une semaine, les retrouvailles seront belles et bien réelles de mes amours qui occupèrent toutes mes nuits 
À mon Amour, mon Raphou et ma petite Jade

Cela fait neuf mois que nous sommes terriens.

Neuf mois que, malgré nous, le bateau a été enchaîné au quai de Bénodet.

Cette parenthèse dûe au Covid nous a permis de « tester » la vie sédentaire, de goûter aux petits bonheurs simples d’un quotidien routinier. 

C’était pas mal. Faut dire qu’on a eu beaucoup de chance… On avait le vrai confort d’une grande maison et en plus en bord de mer. (Merci Bernard!)

Cela nous a donné le luxe de « démonter » le bateau sans contraintes d’y vivre en même temps.

Alors, on en a profité pour faire plusieurs améliorations à LifeSong: un nouveau guideau, de nouveaux matelas, refit de la bôme, lit supplémentaire pour Jade, entretien complet du groupe électrogène et du moteur, nouveaux coussins dans le carré, double vitrage en plexiglas de tous les hublots (30!), restructuration du coffre à gaz et de nombreux projets de soudure et de couture!

Tout ce temps investi dans le bateau a été possible grâce à Magali. Une assistante maternelle en or qui nous a permis d’avoir un peu de temps!

Depuis la naissance de Raphaël (2017) et Jade (2019) nous les avions 24h/24h avec nous. Pouvoir laisser ses enfants, l’esprit tranquille est un luxe que beaucoup de gens prennent pour acquis. N’oubliez pas de remercier ces gens formidables qui prennent soin de vos enfants. C’est un métier extraordinaire de passion et de patience!

Pour nous, c’est malheureusement la fin de cette belle aventure avec Magali, nos petits redeviennent nos compagnons de vie 24 sur 24.

Plusieurs nous disent qu’il leur serait impossible d’avoir leurs enfants à temps plein. Mon point de vue, c’est que lorsqu’on est en bateau, les enfants nous suivent dans nos aventures quotidiennes. Ils s’adaptent peu importe l’horaire, les activités et les navigations, car ils n’ont pas le choix. Les journées ne sont donc pas en fonction des enfants, mais aux côtés des enfants. Cela fait toute la différence!

Et Raphaël ne devrait-il pas aller à l’école?

Effectivement, Raphaël a eu trois ans en septembre dernier et, en France, l’éducation est obligatoire à cet âge… Ces neuf mois de stabilité, m’ont donc permis de lui faire l’école à la « maison ». Grâce au Cned, j’ai été très bien encadrée pour lui faire réussir sa première année de Maternelle (petite section). Raphaël est un petit garçon studieux, attentif et calme, il réclamait de « faire l’école ». Ce programme à distance lui convient donc parfaitement. 

Donc, la vie à terre? C’était pas mal, mais ce n’est pas notre vie. Me voici depuis le départ du bateau (début juin) à vivre dans la voiture entre les amis et la famille dans les bagages et le chaos quotidien… et… j’adore ça.

Donc, désolée pour nos familles, mais la vie à terre c’est pas pour tout de suite.

Et où est le bateau?

LifeSong est maintenant en pleine mer; prêt pour arriver en Baie de Disko (Groenland) début juillet. NOTRE vie recommence enfin avec toutes ses contraintes et ses plaisirs! 

Dans quelques jours je m’envole pour Copenhague, puis le Groenland, une grande épopée de trains, d’avions, d’hôtels avec deux enfants en bas âge. Ça va être sport, mais quel bonheur de revoler et de retrouver nos ailes!

Nos croisières sont malheureusement toutes complètes pour la saison 2021 au Groenland. Contactez-nous dès maintenant si vous souhaitez réserver vos places pour 2022 en Norvège ou au Spitzberg. 

On assume, vous n’aurez pas d’accès à internet ou de réseau cellulaire durant votre séjour… Et pour nous, c’est un réel point fort pour nos voyages*.

En 2021, c’est difficile de se rappeler la vie avant l’internet et presque impossible de s’en passer même pour une journée. Là, on vous offre 12 jours ou plus de déconnexion totale au milieu des montagnes et des glaciers!

Les avantages:

Discutez en temps réel

À bord nous avons toutes sortes d’équipiers d’horizons différents, rencontrez des gens et partager leurs passions. Prenez le temps de discuter de tout et de rien lors des navigations ou en se baladant en montagne!

Les membres de l’équipage ont aussi des vies remplies de voyages et d’anecdotes. Découvrez au fil des jours ce qui les font vibrer et ce qui les a menés à cette vie d’aventures.

Vivez pleinement le moment présent

Ne soyez plus dérangé par un appel, un texto ou le « dadou » d’un nouveau courriel. Il ne reste que vous, les glaciers, le vent sur votre visage et le sourire de ceux qui vivent l’aventure avec vous. Respirez profondément et profitez!

Les soirées sont aussi remplies jeux de société pour partager des rires et de beaux moments en « live ».

Le moment présent c’est aussi d’être avec Raphaël ou Jade; les enfants ont le don de nous faire vivre la vie pleinement! Fous rires assurés avec les blagues de notre coquin Raphaël.

l'équipage LifeSong, Raphaël, Christophe, Jade et Emmanuelle
Videz votre tête du quotidien

Certaines personnes ont de la difficulté à décrocher du travail. Pour plusieurs répondre à des courriels professionnels à minuit le soir ou lors des vacances familiales fait maintenant partis du quotidien. Décrochez réellement lors d’un séjour à bord, car il vous sera « agréablement » impossible de répondre!

Déconnectez-vous des « mauvaises » nouvelles du monde

Même si vous ne connaissez pas les dernières nouvelles sur la pandémie, la politique ou autres, la Terre continue de tourner. Vous aurez tout le temps de vous y replonger au retour.

Oubliez l’agression quotidienne de la publicité

Pendant tout le séjour, il vous sera presque qu’impossible de dépenser des sous. Pas de publicité, pas tellement de magasins, pas moyen de se créer des besoins! La nature à son meilleur.

Alors, c’est parti?!

*Ne vous inquiétez pas, nous avons une connexion satellite pour toute urgence.

Un mauvais commentaire revient chaque année… On ne perd pas de poids lors de nos croisières.

Malgré les activités physiques que l’on propose à bord (kayak, randonnée et chasse aux poissons), les bons petits plats proposés l’emportent sur le tour de taille. 

On est des épicuriens et on aime bien partager notre passion de la « bonne bouffe ».

Alors, on est désolés d’avance, mais vos papilles gustatives ne regretteront pas le séjour.

C’est généralement moi, Emmanuelle, qui cuisine à bord. J’adore ça! C’est un réel plaisir d’inventer de bons petits plats jour après jour.

On me demande souvent si j’ai un menu prédéfini à chaque croisière… La réponse est non, c’est de l’improvisation.

Les secrets de l’avitaillement

Imaginez-vous faire l’épicerie pour nourrir 10 personnes trois fois par jour pendant 2 à 3 semaines… Ça correspond approximativement à 4 paniers (caddies) rempilent à ras bord.

Ma façon de faire: avant de partir du bateau, je fais le tour des placards pour savoir ce qui reste/ce qui manque. Je fais souvent une liste de ce qui manque, mais le plus souvent je ne la regarde pas; tout est dans ma tête.

Rendue à l’épicerie, je fais le tour de TOUS les rayons. C’est comme ça que je me remémore ce qu’il me faut et que je découvre les nouveaux produits de la région dans laquelle on se trouve. J’achète amplement de tout ce qui est non-perrisable. C’est la grosse différence par rapport à prévoir de la nourriture pour une expédition; il n’y a pas (ou disons moins) de limite de poids/volume.

Pour ce qui est du frais, j’achète selon les dates de péremption. D’un pays à l’autre, il existe différentes possibilités de viande/poisson sous-vide qui se conserve plusieurs semaines. Nous avons également à bord un appareil pour mettre sous-vide (très pratique lors de pêche abondante).

Pour ce qui est des légumes, je prends de tout, même si j’ai encore aucune idée comment il finiront dans l’assiette. Les quantités sont gravées dans ma tête.

Une fois que tous les produits sont choisis, ce n’est que le début de l’aventure…

J’ai souvent fait les avitaillements seule et je vous laisse imaginer la galère de faire scanner les 4 paniers (quelques fois la facture touche même le sol), de tous mettre dans des sacs, de prendre un taxi (qui hallucine de la quantité à mettre dans sa petite voiture) et de transférer le tout dans l’annexe (toujours seule) pour ensuite arriver au bateau avec une quantité inimaginable de sacs.

Ensuite, il reste à tout rentrer dans les placards en enlevant au maximum les emballages et à remplir le frigo jusqu’à ce qu’on ne puisse plus fermer le couvercle!

Et là, le plaisir commence: la cuisine! J’adore inventer, improviser, créer. Donc chaque matin, je sais rarement ce que l’on mangera le soir. Si je suis quelques fois dans la lune lors des navigations, c’est que je réfléchis à vos bons petits plats. Et de toute façon impossible de prévoir en navigation, car il faut souvent manger selon les légumes qui s’abîment, la pêche du jour, les restants de viande, etc.

En bateau, il faut aussi penser à l’utilisation du gaz/four. Comme un seul plat rentre dans le four, il faut prévoir faire le gâteau à l’avance ou juste avant d’enfourner le repas du soir car le four est déjà chaud.

D’ailleurs, j’adore les gâteaux et les desserts en générale donc, sauf cas de force majeur, il y aura un dessert différent tous les soirs!

Un aperçu des bons petits plat à bord

J’ai une vilaine tendance à ne jamais suivre de recette alors quand nos équipiers me demande les secrets de la cuisine, c’est dur de mettre ça sur papier.

Voici quand même quelques recettes qui ont fait leur preuve à bord:

Chaudrée de poisson fumée

Un classique maintenant sur LifeSong. Une merveille pour le midi en navigation accompagnée de scones au fromage frais sortis du four. 

Vous pouvez remplacer la truite fumée par n’importe quel poisson fumé (saumon, morue, etc.) 

Le fenouil remplace aussi merveilleusement bien le céleri.

Tarte au chocolat noir et caramel salé

Les desserts sont rendues essentiels à bord. Un gâteau tous les soirs et parfois même le midi également. 

Voici un incontournable, peu importe le nombre de personne à bord, il n’a reste jamais une miette. 

Le Salidou/caramel au beurre salé peut remplacer le caramel proposé. 

L’ambiance à bord

Rien ne vaut un bon verre de vin et de la bonne compagnie pour pour apprécier pleinement un repas. LifeSong possède un grand carré rond et conviviale ainsi qu’une table extérieure pour apprécier la vue pendant le déjeuner et l’apéro!

Dans les régions où c’est possible, les barbecues sur la plage sont toujours un « must ».

Les bons produits de la pêche

Les poissons pêchés, les moules, les oursins, les calmars, les baies ou les champignons font partie intégrante de notre menu à bord de LifeSong. On ne sait jamais ce qu’on aura, mais rien ne vaut un bon poisson frais et des sourires de pêcheurs!

Vivez donc nos croisières gastronomiques!

Article venant du blog d’Emma : www.lescouleursdemma.com

Malgré toutes les mésaventures qui nous sont tombées dessus à cause de la pandémie, pour moi, ce fut finalement une belle année de créations! 

J’ai trouvé un peu de temps pour peindre lors de nos croisières en Nouvelle-Écosse, à Terre-Neuve et aux Açores. J’ai aussi eu le grand bonheur de donner trois cours d’aquarelle à bord. Des moments de partage où l’on se rend compte que l’art est à la portée de tous et qu’il y a de multiples façons de voir le même paysage. Merci à mes élèves, qui malgré leurs doutes, ont réussi à créer de belles choses!

BEAUCOUP DE COUTURE!

J’ai aussi lancé la création de sacs en toile de voile recyclée. Un belle façon de récupérer de vieilles voiles pour en faire des sacs costauds et uniques. Sacoches, sac de plage, bagage à main, sac de sport, etc.

T-SHIRTS SIGNÉS LIFESONG

Depuis longtemps, je voulais offrir des t-shirts à l’image de notre bateau LifeSong. J’ai donc créé une gamme colorée en aquarelle/feutre.

PORTRAITS

Mes enfants ainsi que ceux d’amis m’ont inspiré à faire des portraits. Souvenirs de leurs bouilles d’enfants sur papier. Et le moment que je passe à les dessiner me fait enregistrer pour toujours leurs visages dans ma tête. J’ai l’impression qu’en faisant leur portrait je les connais dans les moindres détails.

COMPOSITIONS DE CROISIÈRES

2020 m’a aussi poussé à créer des compositions dessin/aquarelle/citation/carte. Une idée venue des travaux de mon ami Didier qui lui peint directement sur des cartes marines. 

J’avais envie de mélanger les souvenirs de voyages, de faire des oeuvres uniques pour ceux qui viennent à bord. Pas toujours évident à réussir, mais quel bonheur de faire travailler sa cervelle pour créer des compositions vivantes.

Qu’est-ce que 2021 nous réserve, personne ne sait trop. Mais les couleurs dans ma tête ne sont pas prêtes de disparaître.

On ne le vous cache pas, l’année est dure. Comme presque toutes les entreprises de tourisme à l’étranger, c’est une saison dans le négatif.

Cela dit, nous connaissons notre chance. 

Nous voudrions tout d’abord remercier nos fidèles équipiers de 2020 qui ont bien voulu reporter leurs croisières d’un an. Leurs compréhensions et leurs bonnes humeurs nous ont fait chaud au coeur durant cette période difficile.

On remercie également Karavaniers qui nous a permis d’organiser deux croisières au Canada. Ces deux voyages nous ont fait vivre des moments magiques avec des gens fabuleux au milieu des fjords de Terre-Neuve et dans la mer intérieure du Bras-Or, Nouvelle-Écosse. L’espace d’un instant, la pandémie ne semblait qu’un mauvais cauchemar…

Notre chance, c’est aussi d’avoir pu naviguer librement et d’avoir traversée sans entrave l’Atlantique du Canada à la France via les Açores. Nous avons pu savourer chaque mille nautique qui sépare ces deux pays. Deux fois huit jours soit près de 400 heures de navigation… Après cela, la durée d’un vol transatlantique semble presque irréelle. Avec Jade (9 mois) et Raphaël (qui a fêté ses 3 ans aux Açores) on a pas eu le temps de s’ennuyer durant le voyage. Encore une fois, nous voilà dont chanceux d’avoir eu Grand-Maman Andrée et Grand-Papa Ricky pour nous aider dans cette aventure hors du temps.

Vidéo d’une partie de notre traversée réalisé par Jojo, around the globe hitchiker.

Les Açores nous ont également ouvert leurs portes et nous avons pu pendant trois semaines découvrir ses îles paradisiaques à l’abri du virus. Alors qu’à peine quelques semaines plus tôt, près de 80 voiliers s’entassaient dans le port d’Horta où la loi n’autorisait aucun passager de descendre à terre. Heureusement, les tests de dépistage du Covid-19 sont arrivés juste à temps pour nous permettre après 24h de visiter librement les Îles.

Notre bonne étoile continue également en France où nous trouvons une place au port de Bénodet à quelques kilomètres de la maison du père de Christophe… Vous imaginez donc que nous pouvons vivre le confinement dans le confort d’une grande maison et, en plus, elle est à moins d’un kilomètre de la plage!  

Finalement, le plus important, toute la famille LifeSong «élargie» est en parfaite santé!


Et la suite…?

Cela dit, nous nous questionnons malgré tout sur l’avenir. Devons-nous tentez une reconversion passagère ?! Qu’adviendra-t-il du tourisme à l’étranger? Combien devons-nous investir dans la préparation du bateau?

Notre «offre» (nos croisières) nous semble trop belle pour s’arrêter là.

Nous croyons que nos voyages uniques continuent et continueront de faire rêver. Les destinations sauvages et les grands espaces gagneront certainement en popularité suite à un confinement plus ou moins difficile…

Alors on y croit. On a hâte de retrouver la mer et de vous faire vivre des aventures enivrantes. Nous aimerions continuer à être une fabrique de souvenirs, à vous faire ressentir des moments forts qui resteront à vie dans vos esprits. On a envie de continuer cette vie atypique sur ce si beau voilier qu’est notre LifeSong. Notre bonheur, c’est de partager cette passion qui nous anime; avec vous.

Les travaux entre-saisons sont donc commencés et nous mettrons toutes nos économies dans la préparation d’une très belle saison 2021. Nous, comme tous ceux qui viendrons à bord, profiterons certainement doublement de ces vacances en toute liberté!

Nouveaux: des produits LifeSong

En achetant un des ces produits, vous soutenez une petite entreprise, une famille, un projet de vie et vous nous donnez le sourire.

Pour nous aider à «arrondir les fin de mois» et également pour le plaisir d’«inventer » une gamme de produits LifeSong, nous venons de créer une boutique en ligne qui rassemble des produits uniques à nos couleurs. 

Découvrez-y des t-shirts illustrés, des articles en peaux de phoque, en toile de voile et des aquarelles…

VISITER LA BOUTIQUE EN LIGNE

Vous avez des idées à nous partager? Écrivez-nous!

La planète entière est ébranlée par la pandémie et tous en subissent les conséquences petites ou grandes. La plupart d’entre vous ont vécu des épreuves lors du confinement, ont perdu des êtres chers, ont eu leur voyage de rêve annulé ou subissent des difficultés financières. Sans oublier ceux qui risquent leur santé dans l’exercice de leurs fonctions; ces anges gardiens essentiels pour sortir de cette épreuve.

Et même pour ceux qui vivent isolés et loin de l’actualité, tous ont été impactés par ce virus invisible.

Comme la plupart des agences de voyage, des hôtels et des restaurants, nous devons maintenant vivre avec plusieurs mois d’arrêt complet. 

Évidemment, l’annulation de notre saison au Groenland nous a fait mal au coeur. C’est vrai que nous n’avions jamais imaginé être dans l’impossibilité de naviguer vers cette destination. Nous tenions pour acquis ces icebergs immenses, ces montagnes nues et ces villages paisibles. 

Pierre, notre équipier en 2019, nous avait dit lors de notre dernier voyage en Baie de Disko, « Ça y est, on n’ira pas plus au Nord maintenant ». Nous étions partis des Caraïbes en montant toujours plus vers le Nord sans rien pour nous arrêter. Et cette phrase de Pierre, mettait fin à des mois de découverte, nous rentions maintenant à la maison sur un chemin connu. La nostalgie ne m’avait pourtant pas touchée. Avec ma grosse bedaine de femme enceinte, j’avais hâte d’être en « ville » et après tout, nous y reviendrions dans un an.

Nous voilà maintenant un an plus tard et les icebergs sont loin dans nos rêves. Nous avions pris pour acquis notre liberté de naviguer…

Il nous reste tout de même le bateau, merveilleuse maison, pour un confinement tout en liberté!

Certainement au plus grand bonheur de nos deux petits matelots, nous avons tout notre temps pour leur offrir de la joie quotidienne. Et je crois bien qu’ils préfèrent la plage aux icebergs… 

On découvre donc à un rythme de vacances les beautés de la côte de Nouvelle-Écosse; ponctuée de phares, de plages, de maisons isolées et d’îles inhabitées. On oublie trop facilement les merveilles de son propre pays. On laisse donc la temps d’une saison, les paysages Groenlandais flotter dans nos têtes pour découvrir les Maritimes (Nouvelle-Écosse –Terre-Neuve) en profondeur. 

On a créé deux voyages , que les Canadiens puissent profiter et découvrir leur propre pays.

Croisière Nouvelle-Écosse

Croisière Terre-Neuve

Découvrez en images nos explorations des dernières semaines: plages de sable blanc, île déserte remplie de moutons, navigation entre les phares, maisons de pêcheurs isolés, randonnée sur des péninsules

Malgré la distanciation sociale, nous avons tout de même réussi à faire des rencontres intéressantes avec des locaux et des marins. Richesse de la vie de bateau.

Les délices de la mer sont aussi au rendez-vous : moules sur le feu, homards frais, pétoncles énormes et poissons pêchés du zodiac (maquereaux, morues, truites)

Ce moment de « pause » nous permet aussi de réinventer notre prochaine année. Nous traverserons vers la France via les Açores à la fin de l’été.

Et pour ceux qui commence à rêver à leurs voyages de 2021…

Nous retournerons bien-sûr au Groenland de juin à août avec le même programme de 2020. Il reste encore quelques places disponibles.

Nous conservons également notre début de saison (de mi-févrirer à mi-avril) en Norvège. Nous irons à la découverte des Lofoten sous un ciel d’aurores boréales et dans les fjords du Nord pour un séjour ski-voile.

Croisières en Baie de Disko

Croisière Lofoten et aurores boréales

Calendrier

Les inscriptions sont maintenant ouvertes. Écrivez-nous pour réserver votre place et pour connaître nos nouvelles conditions d’annulation.

Ça fait rêver encore plus qu’à l’habitude, non?

De votre salon, imaginez-vous seul au milieu des montagnes, regardant l’horizon disparaître au loin dans le silence profond des grands espaces.

Ce jour de liberté arrivera… mais pour l’instant soyez patients.

Avez-vous déjà fait une longue traversée à la voile? Quand on y réfléchit, traverser un océan est aussi un long confinement. 

En bateau, enchaîner les livres, élaborer longuement le prochain repas et regarder au loin pendant des heures, perdus dans ces pensées, sont des moments privilégiés.  Le temps tourne en boucle. Les jours se ressemblent. Dans cette routine, on en oublie la « vraie » vie. 

traversée du pacifique en voilier

Ça vous fait penser à votre quotidien actuel?

Donc dites vous que vous êtes en pleine traversée et comme tous les voyages en bateau, on sait quand on part, mais on ne sait jamais quand on arrive…

Vous avez peut-être pas les levers et les couchers de soleil tous les jours, les nuits où le ciel n’est plus noir, mais brillant d’étoiles… Consolez-vous car vous avez de l’eau chaude en quantité, un plancher qui ne bouge pas dans tous les sens, un peu plus d’espace et même des communications illimitées avec les gens que vous aimez! 

Se voir privé de sa liberté n’est drôle pour personne, mais tant qu’à y être obligé, profitez-en pour passer des moments privilégiés avec vos enfants, pour reconquérir votre âme-soeur ou pour faire un voyage d’introspection. Redécouvrez la cuisine avec des fonds de frigo, retrouvez vos passions oubliées (dessin, couture, écriture, musique, danse…), écrivez-vous une lettre à vous même à ouvrir dans un an ou encore planifiez votre prochain voyage d’aventure en voilier 😉

Nous, Christophe, Raphaël, Jade et moi-même, avons choisi de vivre tous les quatre sur le bateau en étant presque 24 heures sur 24 ensemble. Raphaël qui aura bientôt 3 ans n’ira pas à l’école. Nous seront ses professeurs tout en étant ses parents, ses amis et ses complices.

Plusieurs personnes nous ont déjà dit :

« Comment faites-vous pour être toujours ensemble. Moi, je n’en serait jamais capable! » 

Et bien, maintenant à vous d’essayer et de découvrir les richesses d’une vie partagée.

Note: Pour ceux qui travaillent sans relâche dans le système de santé, pour ceux qui vivent un deuil, pour ceux qui stressent face à l’avenir, on pense à vous. N’oubliez pas, un jour à la fois.

En ce 15 janvier 2020, l’équipe de LifeSong aimerait rendre hommage à un homme extraordinaire qui a changé nos vies. Embellit nos existences durant ses 9 mois à bord.

Trinidad, janvier 2019

Il y a un an jour pour jour, je suis allée chercher à l’aéroport un jeune homme souriant et motivé par le désir d’aventure. Après quelques semaines, on l’appelait déjà NOTRE Pierre. Et après quelques mois, j’ai suggéré, à moitié à la blague, de l’adopter.

Malgré que l’on ne connaissait pas Pierre avant son arrivée à Trinidad, il s’est magnifiquement bien greffé à la famille. Ses premières semaines ont pourtant été difficiles car nous l’avons accueilli dans une fin de chantier chaotique. Il a, dès la première journée, commencé à faire des travaux de toutes sortes de jour comme de nuit… En à peine deux semaines, il avait brulé toute sa petite graisse de bedaine, à monter et descendre les marches des centaines de fois par jour dans la chaleur accablante de Trinidad. 

Malgré que « Notre Pierre », ne soit pas très manuel à la base, ses connaissances se sont vite multipliées. Et son désir de perfection lui a fait réussir bien des défis. 

Au début février, nous avons enfin pris la mer pour la longue remontée vers le Groenland. L’aventure, la vrai, allait commencer! Encore une fois, Pierre a su se rendre essentiel pour l’équipe que ce soit en nous cuisinant de bons petits plats, en effectuant les manoeuvres de pont ou en jouant à la pâte à modeler avec Raphaël.

Comme un grand frère

Pour Raphaël il y avait : Maman, Papa et Pierre. Tous aussi essentiel à son bonheur et à son bien être. Sans que cela paraisse forcé, Pierre l’a nourri, lavé, porté en randonnée et à sans relâche inventé des nouveaux jeux embellissant l’imaginaire de notre enfant. 

Du plus profond de mon coeur de maman, merci Pierre, pour tout cela.

La fin d’une grande aventure

Avez-vous déjà passé neuf mois avec quelqu’un qui n’est ni votre conjoint, ni votre enfant, jour après jour, partageant chaque repas et chaque activité? Cet exploit me paraissait presque impossible sans accro, mais Pierre a su être discret et présent à la fois, une vraie « Perle » pour LifeSong.

La séparation à l’automne dernier fut bien difficile… Christophe et moi avons apporté Pierre à l’aéroport pour qu’il regagne Paris. Cela nous a fait l’effet de laisser partir notre fils pour la première fois vers un long voyage. Il faut savoir laisser ses enfants voler de leurs propres ailes…

En pleurant comme des madeleines devant l’entrée des « Departures », on avait chacun des souvenirs mémorables en tête et le désir de repartir ensemble à l’aventure!

Pierre, Merci. Malheureusement, il n’existe pas de mot plus fort pour t’exprimer notre reconnaissance.

Blog écrit par nos équipiers de la saison 2019 au Groenland. Merci à tous!


Un instant de pur bonheur sur LifeSong

Par Andrée Tremblay

Au petit matin le ciel est gris, les pécheurs du port de Manitsoq nous annoncent de la pluie… Tant pis, l’équipe de LifeSong nous amène quand même découvrir tout au fond d’un petit fjord un glacier sublime. Notre tout premier car notre séjour débute.

Nous délaissons tranquillement le large pour s’y diriger. La mer est calme, le vent ne souffle pas, chaque équipier fait connaissance avec le bateau. Chacun y trouve son endroit favori, moi c’est le petit banc tout au bout de la proue. J’aime m’y assoir avec les pieds qui ballotent dans le vide au-dessus des vagues qui se cassent sous la coque. LifeSong se fait majestueuse, elle glisse sur l’eau doucement, tendrement et elle nous invite à savourer le moment présent.

La brume se lève, les rayons du soleil nous réchauffent et on entrevoit le glacier tout au bout. On avance lentement, très lentement, on prend le temps d’observer les parois rocheuses qui nous entourent, des parois sans arbres, avec peu de végétation, ou des milliers d’oiseaux y ont élus domicile. Leurs cris sont intensifiés par l’étroitesse du fjord, c’est magique.

LifeSong s’arrête tout près du glacier et se laisse voguer au gré du courant, pour permettre à chacun de savourer la beauté des lieux. La faune qui nous entoure nous émerveille, nos sens sont à l’affut et puis tout à coup on se rend compte de l’immense chance qu’on a d’avoir vécu un instant de pur bonheur.

Gravé pour toujours dans ma mémoire.


La rencontre avec la baleine

Par Quentin Laganne

Nous arrivons dans la baie de Pakitsoq en milieu d’après-midi. Christophe et Emma sont dithyrambiques sur ce lieu. A priori on va voir des baleines ! Le bateau avance avec un cheminement étudié, et tous les yeux sont rivés sur les alentours du bateau, mais pas de baleines à l’horizon… L’opération d’ancrage pour le mouillage du soir s’organise, tout se passe bien et une petite balade de 2 heures à terre nous fait voir les environs rocheux et le décor de toundra qui nous entoure. Le soleil s’approchant de l’horizon, les couleurs s’adoucissent, le paysage est grandiose ! Mais toujours pas de baleines en vue…

En revenant, l’apéritif et le dîner sont prêts, avec Emma aux fourneaux, on sait que l’on ne sera pas déçus !

Mais c’est vrai qu’elle est belle cette baie et l’équipage, sûr de lui, nous dit que la baleine sera de sortie ce soir, et nous invite à faire une virée « nocturne ». Les quelques courageux embarquent sur l’annexe pour aller mieux admirer cette baie depuis un petit sommet sur la côte. En arrivant, nous voyons filer devant nous un renard polaire, de bonne augure !

Puis en arrivant au sommet la baleine est là dans la baie avec son baleineau. Et en effet, dans cette baie remplie de poissons, le dîner de ces énormes mammifères est un vrai spectacle : les baleines font remonter les bancs de poisson, les mouettes plongent à leur tour pour se nourrir tout comme les phoques qui rodent pour profiter du festin. C’est un vrai balai dansant où tous les animaux se côtoient devant la puissance du déplacement et du souffle de ces géants des mers. Il doit être autour de 22h, la luminosité a faibli, mais le ciel est toujours éclairé par des variations de couleurs rosées. La baleine en chef d’orchestre mène la symphonie quasiment silencieuse dont nous profitons sans un mot, bouches bées.


Pagayer avec les glaçons

Anonyme

Ce matin le brouillard nous enveloppe; on a la tête dans les nuages. Les craquements des icebergs qui ont valsés toute la nuit autour du bateau résonnent doucement à la coque. Que va-t-on faire aujourd’hui avec ce brouillard si dense?

Emmanuelle, la guide du bord, semble enthousiasme à nous amener en kayak. En quelques minutes nous sommes prêts et on suit de près le kayak d’Emma; petit point rouge dans ce désert blanc.

La météo Groenlandaise est surprenante; je n’avais encore jamais vu de brouillard si dense avec du soleil… Le ciel au dessus de nos têtes était parfaitement bleu, mais les nuages blancs nous encerclent encore parfaitement.

Après quelques coups de pagaie, LifeSong avait disparut dans le blanc. Nous étions entourés de nuages et de glaces! Comment pouvait-on s’orienter dans ce labyrinthe? Emmanuelle semblait confiante et nous menait comme par magie à découvrir ce paysage unique.

Les icebergs grondaient autour de nous et se fracassaient quelques fois en mille petits bouts, nos pagaies frappant de temps à autre une glace flottante. Comme on avançait lentement et silencieusement; les craquements, les pétillements et les chutes d’eau créaient une douce musique à nos oreilles.

Profitant pleinement de l’instant présent, nous avons peu parlé durant cette sortie de deux heures. De retour sur LifeSong, un simple regard entre nous confirma que cette sortie fut extraordinairement magique pour tous.

Et malgré que personne n’ai pris de photos de peur de mouiller leurs appareils, ce moment restera pour tous inoubliable!