LifeSong Sailing

Ça y est, on est officiellement devenu un voilier d’expéditions ski!

Le rêve pour une guide qui vit sur un bateau depuis presque huit ans.

En Patagonie, on a d’abord ajouté la randonnée à nos croisières, puis comme les glaciers étaient trop beaux, on s’est procuré des crampons pour marcher sur ceux-ci.

En changeant de bateau (de Venus (51 pieds) à LifeSong (68 pieds)), on s’est mit à stocker quatre kayaks doubles dans le pic avant ! De quoi vivre autrement les paysages du Grand Nord.

Sans oublier tout le stock de pêche pour réellement créer une aventure unique à notre bord.

Cette année, on commence les croisières ski-voile ! Toute une logistique de naviguer avec le pont plein de neige, de transporter d’innombrables paires de skis/bottes dans l’annexe et de faire sécher l’équipement à chaque nuit. De nouveaux défis tout à fait surmontables pour accueillir à bord d’heureux skieurs.

Groupe de ski-voile à bord de LifeSong en Norvège

Un voyage hors normes au Lofoten

Comment vous décrire l’indescriptible voyage qu’on a vécu début avril… Déjà, nous avons rencontré avec plaisir notre équipe franco-belge de huit skieurs motivés par l’inconnu.

On a commencé plutôt doucement avec des journées « presque » balisées, une petite tempête de vent et une navigation ponctuée de rafales. Puis on a trouvé la neige de rêve, de la poudreuse digne de l’Ouest Canadien, entre les arbres d’un mouillage idyllique.

Suite à la traverse d’un ruisseau (raccourci pas du tout rentable en temps, mais tout à fait rentabilisé par la rigolade générale), je me suis dit que j’avais à faire à un groupe motivé par les chemins remplis d’embûches et d’aventures.

On a donc par la suite multiplié les options chaotiques… Comme faire l’aller-retour en kayak pour relier le bateau au départ de ski. Et tel Superman qui se transforme en un éclair en super-héros, mes kayakistes en habits étanches devenaient en quelques minutes des skieurs multi-couleurs. Infatigables face aux défis.

Du « vrai » hors-piste

On a aussi improvisé des itinéraires à travers des chemins de raquettes et passages d’élans au plus grand plaisir de notre splitboarder. Des traces improbables entre des roches, des arbres, des falaises et des lacs gelés: du vrai ski HORS-PISTES!

L’avant-dernière journée, je motive le capitaine à venir nous chercher de l’autre côté d’une crête pour que l’on puisse profiter de la majestueuse descente dans la poudreuse. Le fjord gelé l’était par contre encore plus que la veille, et LifeSong s’est retrouvé encerclé par la glace. Près de 15 centimètres d’eau de mer gelée. À ce moment là, je ne sais pas trop ce qui s’est passé dans la tête de l’équipage… En quelques minutes Lucas, notre équipier, s’est retrouvé en combinaison étanche à marcher sur la glace fraîche, une pagaie entre les mains. L’image de son arrivée alors que l’on termine notre journée de ski est tout à fait irréelle. Malgré la surprise générale, tout le monde revête sa combinaison étanche. Et un à un ils traversent, plus ou moins rassurés, mais assurément excités par cette aventure inopinée.

L’avantage du ski-voile

Les conditions nous ont permis de skier tous les jours, de nous sentir au milieu d’une carte postale à chaque ascension. Et quel bonheur à chaque retour au bateau de retrouver le confort, la chaleur, la musique et l’odeur du gâteau du jour.

Moi qui ai l’habitude de faire du ski et de camper dehors, LifeSong ouvre la porte à de nouvelles aventures où le confort chaque soir permet de faire encore plus de terrain le lendemain. Sans oublier que le voilier offre aussi de nouvelles possibilités pour rejoindre des montagnes inaccessibles autrement.

Bref, c’est un succès à répéter encore et encore.

Voir nos prochains voyages ski-voile

*Merci à mon papa d’avoir préalablement testé les itinéraires ski-voile avec moi. Ce fut un réel bonheur de se retrouver père-fille comme à mes débuts au Mont Washington, USA.

Ricky au haut d'un sommet sur une île des Lofoten lors d'une croisière ski-voile

Extrait du livre Dormir sous les étoiles de notre second pour la saison 2022: Lucas Lepage.

Aventurier des temps modernes et talentueux photographe, laissez-vous porter par ses récits du bout du monde et ses clichés de paysages grandiose

Dormir sous les étoiles est un condensé de tous ses bivouacs réalisés durant son tour du monde de 5 ans à travers tous les continents. Nous avons choisi de vous partager la partie Scandinavie (Norvège et Suède) ainsi que la conclusion de son ouvrage. Bonne lecture!


Grand Nord

Des hivers d’expéditions en traîneau à chiens

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Le Grand Nord est mon lieu de travail. C’est là que j’aime passer la moitié de l’année. Partageant la vie d’une meute de chiens, glissant sur mon traineau, tout en m’épanouissant de cette communion harmonieuse entre l’Homme, l’Animal et la Nature. L’énergie dégagée par cette relation me pousse à croire que c’est bien ici qu’est ma place. Je m’y sens chez moi.

Les soirs d’expédition, je pose mon bivouac au milieu de ces interminables plaines enneigées, au pied de pics rocheux ou encore à l’orée d’un bois. Sous ces latitudes élevées, la pollution lumineuse des villes ou de l’activité humaine n’a pas sa place. Les lueurs d’un coucher de soleil qui n’en fini pas, repeignent toujours le paysage par un gamme de couleurs pastels. La nuit, seules les lumières de la lune, de la voûte céleste ou des aurores boréales viennent se refléter avec douceur sur la neige alentour. Éclairant ainsi mes sorties nocturnes et les bivouacs avec mon attelage de chiens. Silence et pureté dans les grands espaces nordiques.

La vie avec les chiens

À la fin de chaque journée, après avoir installé le campement et nourris mes chiens, j’enveloppe chacun d’entre eux dans un manteau en duvet pour les protéger des températures pouvant chuter jusqu’à -40°c. En alternance, en fonction du travail effectué dans la journée, je choisis toujours quelques chiens pour dormir avec moi sous la tente. Ils ont ainsi leur récompense d’une longue journée de travail. Ils récupéreront plus vite et chaufferont l’atmosphère de mon habitacle. Les autres, attachés à une ligne, dormiront roulés en boule à l’extérieur. Ils se laisseront recouvrir d’une fine pellicule de neige qui les abritera des assauts du vent et du froid.

Lucas Lepage photographe chiens de traineaux sous les aurores boréales en norvege

Les aurores boréales

L’hiver, au-dessus du 66° parallèle nord, le soleil ne passe plus la ligne d’horizon. Jaloux de n’avoir que quelques heures pour briller, il nous rappelle son existence en nous envoyant ses particules qui viendront danser dans le ciel sous la forme d’aurores boréales. Leur intensité est si grande et si vive que leurs couleurs vertes et émeraudes se reflètent sur la neige blanche. Plongeant le spectateur dans un décor allant au-delà du réel. 

Le peuple Sami, occupant le Nord de la Scandinavie attribue pour légende aux aurores l’histoire d’un renard, courant les monts de l’Arctique et qui illumine le ciel en projetant des étincelles dans le ciel. D’autres légendes racontent qu’il s’agirait du souffle des baleines ou du passage des défunts de la Terre au Ciel. En cette nuit polaire, les chiens, recroquevillés sur eux-mêmes, se reposent sous la danse des aurores boréales.

Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir. C’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore. C’est avoir des insomnies de joie.

Paul-Émile Victor
Étoiles sous tente dans l'Himalaya

Épilogue

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Un hommage à la beauté de notre planète

Hémisphère nord, hémisphère sud, au mètre près sur la ligne de l’Équateur et tout au long de ses 40 075 km, sur les rives de chaque océan et sur le sol de presque tout les continents, j’ai campé sous une multitude de latitudes du globe. Déserts, jungles, plaines enneigées, cimes rocheuses, j’y ai aussi connu tous les environnements. De terre, de sable, de glace ou de béton, j’ai foulé toutes les surfaces. La plus belle richesse que possède l’homme est sous ses pieds et elle est aussi variée qu’unique, aussi imposante que fragile. Bivouaquer m’a permis d’en prendre conscience, de m’unir avec la Terre et de lui être redevable. 

Notre planète est notre plus beau trésor. Depuis sa création jusqu’à aujourd’hui, elle n’a cessé d’évoluer, de changer parfois même brutalement. Pas de dérèglements climatiques, mais des alternances entre périodes chaudes et périodes froides, au gré de l’activité du soleil et de l’axe de rotation de la Terre. A son rythme, la nature se développait, entraînant l’apparition ou la disparition d’espèces végétales ou animales.

La vie

L’humanité de ses jeunes débuts au siècle dernier, a elle aussi été spectatrice de ces évolutions, tout en se développant elle même. Tous les hommes, tous les végétaux, tous les autres animaux, vivaient ensemble. Tous faisaient parti du grand tout. Dans cette mutualité, ils formaient la Nature qui célébrait la diversité. 

L’humanité n’occupait pas encore beaucoup de place sur le sol de la Terre. Son impact sur l’environnement était encore insignifiant. 

En quelques décennies, convaincu d’être maître et possesseur du destin de la planète, l’homme est devenu l’acteur principal de changements incontrôlables et néfastes, qui érodent dangereusement ce fragile équilibre.

Une grande partie des hommes se voile la face. Aujourd’hui encore on assiste à une consommation à outrance qui pousse à une surexploitation. Un rythme effréné qui mène à la perte irrémédiable de beaucoup de ces richesses naturelles.

Heureusement, un nombre grandissant de personnes prennent conscience que les possessions et biens n’auront plus de sens, de valeur sans une planète en bonne santé, bien commun et indispensable de tous ses habitants. 

Pour retrouver une harmonie, un équilibre entre le développement de l’humanité et la nature, dont nous dépendons, la première étape consiste à transformer notre façon de penser et de consommer. Chacun, à sa propre échelle et en sa propre conscience doit apporter une pierre à l’édifice de l’écologie. Il ne s’agit pas d’un changement radical de mode de vie, mais de la mise en place d’actions simples et valeureuses. Les opportunités bienveillantes sont nombreuses et peu contraignantes. 

On aime ce qui nous a émerveillé, et on protège ce que l’on aime.

Jaques-Yves Cousteau

L’avenir

L’homme doit donner aux générations futures l’envie et les moyens de rectifier cette mauvaise trajectoire… pour entrer de nouveau dans un processus d’union avec la nature. Chaque adulte est le pédagogue d’un enfant, il a le devoir de lui donner l’envie de changer les choses, de le sensibiliser à une cause. Jean Louis Étienne dit à ce sujet « qu’il faut allumer dans l’esprit des enfants l’envie d’apprendre et d’avenir. Au delà des considérations générales qui nous accablent, les actions personnelles de préservation de l’environnement sont toujours gratifiantes et contribuent à donner aux autres l’envie d’en faire autant. Susciter l’envie : le premier des fondements de l’éducation. » 

Mes bivouacs et mes aventures aux quatre coins du monde m’ont permis d’être plus proche de la nature, et ainsi, de constater notre impact et les changements que ceux ci engendrent sur notre environnement. Avisé, j’essaie simplement d’interpeller les consciences : Considérons notre planète.

La Terre est une multitude de paysages, écosystèmes et phénomènes climatiques qui sont des invitations à la découverte et l’émerveillement. Ella abrite plus de sept millions d’espèces animales, presque 300 000 espèces végétales, une douzaine de climats différents. Nous lui devons la vie, qui selon nos connaissances actuelles, n’existe nulle part ailleurs.

Elle est une chance unique, une richesse universelle auquel tout le monde a accès. Librement.

Amoureux inconditionnel du monde extérieur, je trouve cette richesse dans la simplicité de ce que la Terre a à offrir. 

Notamment, de passer une nuit dehors, de lever les yeux … et d’admirer les étoiles. 

Étoiles lors d'une traversée à la voile du Pacifique

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7 heures du matin. 7è jour de mer.

J’ouvre un œil. J’ai du temps devant moi. Je ne prends mon prochain quart de veille qu’à 8 heures. Du temps pour rêvasser un peu à la nuit claire que nous venons de vivre. Depuis deux ou trois jours, il n’y a plus réellement d’obscurité et la course du soleil est devenue très originale. Pas vraiment d’Est en Ouest.

Nous allons arriver aujourd’hui, mais la cote est encore loin. Ce sera pour la mi-journée. Je regarde par le hublot de la cabine : Oui, la brume qui nous accompagne depuis hier soir est encore bien présente. Probablement due à la rencontre de courants chauds et froids dans cette mer du Labrador bien particulière. Cette brume qui nous a proposé une nuit à la fois très douce et ouatée et en même temps un peu inquiétante quand deux icebergs ont surgi successivement à quelques centaines de mètres seulement sur l’avant du bateau, probablement venus de l’immense glacier qui achève son parcours à ce niveau de la côte Ouest du Groenland.

Oui, j’ai du temps. La terre n’apparaitra qu’au tout dernier moment à cause de cette brume.
Quelques instants plus tard, je pénètre dans le carré. Il y règne une atmosphère surexcitée. As-tu vu la côte ? La côte ? Quoi ? Quelle côte ? Ou ça ? J’ai regardé il y a quelques minutes seulement.

C’est le premier cadeau du Groenland. La brume s’est levée tout d’un coup. Incroyable. Et la côte est apparue encore lointaine mais déjà très nette et très haute. Baignée d’un soleil magnifique. La montagne tombe dans la mer, sans transition. Un paysage très minéral, rocheux. Un quasi désert.
Les glaciers et les sommets enneigés étincellent. Au loin, l’inlandsis étale son immense blancheur.
C’est magique. Quelle belle récompense ! Quel beau cadeau de bienvenue nous fait le Groenland ! Le froid des nuits précédentes est immédiatement oublié. Les appareils photo crépitent.
Mais si on commençait plutôt par le début ?

Saint Jean de Terre Neuve :

Le nom à lui seul a un parfum d’aventure. On en parle encore sur les quais de Fécamp ou de Saint Malo. Les photos exposées sur les quais et dans certains quartiers de la ville rappellent, si besoin en est, que, longtemps, des hommes ont travaillé et souffert ici, dans des conditions souvent inhumaines, pour ramener la précieuse morue. Ont parfois péri aussi.
Aujourd’hui, LifeSong a glissé son élégante silhouette noire parmi quelques navires de grande pèche qui naviguent encore ici, mais surtout parmi les cargos, les « supplies » qui accompagnent les plateformes pétrolières et les bateaux qui emmènent les aventuriers d’un jour en excursion pour voir les icebergs défiler le long de la cote et guetter le retour des baleines.
La feuille d’érable flotte fièrement à l’arrière. Quelques pickups bodybuildés s’arrêtent sur le quai pour observer ce visiteur inhabituel. Les têtes des conducteurs se lèvent vers le haut du mat et les paris s’engagent : 20 mètres ? 22 ? Non, encore un peu plus les gars.
Christophe est déjà concentré sur la traversée à venir, rassemblant toutes les informations météo
disponibles.
Il décide d’un départ pour une étape d’une journée seulement, pour laisser passer une colère venue
du cap Farewel.

Ce sera CATALINA, attachant petit port de pêche niché au fond d’une baie bien protégée. Des pécheurs serviables chaleureux et généreux nous y accueillent à bras ouverts. Nous y faisons une cure de crabe, un repas de homard pantagruélique et un plein de morue pour les jours à venir. Vive les circuits courts ! Au centre du village, en face du supermarché, un café/pâtisserie/ restaurant/foyer/ etc , permet un dernier plein d’Internet avant la traversée proprement dite.

1 heure du matin. 2è jour de mer.

Ici, pas encore très loin vers le Nord, la nuit est très noire. Les icebergs de Terre neuve sont derrière. Ceux du Groenland sont encore loin devant. Le vent de ¾ arrière oscille entre 17 et 20 nœuds. La mer est peu formée. Dans ces conditions quasi idéales, LifeSong peut faire la démonstration de toute sa puissance. Il fend la mer avec agilité.
Régulièrement, la crête d’une vague éclate devant l’étrave, faisant jaillir une gerbe d’eau que les feux de route illuminent de rouge et de vert, couleurs fugaces inattendues dans cet univers. La vitesse est régulière, soutenue. L’équipier qui est dehors veille sur le maintien de ce bel équilibre. Moment privilégié que celui d’un quart de nuit solitaire dans ces conditions. LifeSong lui offre ce beau moment de navigation, rien que pour lui. Ce sera leur secret. Moment propice à la rêverie solitaire également.

Comme toujours, Christophe a su éviter les pièges de la mer du Labrador et a finalement conduit LifeSong en douceur à NUUK. Capitale du Groenland.  Grande ville de la côte Ouest mais plus petite capitale du monde ! Un cinquième de la population vit ici (environ 15 000 personnes !) mais on y trouve le tiers des véhicules en circulation dans ce pays. Pour circuler à l’intérieur d’un cercle d’une vingtaine de kilomètres peut être ! Au-delà, il n’y a plus de routes ! Au Groenland, on se déplace en bateau, pas en voiture.
C’est surtout une ville qui vit autour de son port, pour la pèche et le commerce. LifeSong s’y amarre le long de bateaux marqués par les dures conditions qu’ils rencontrent ici, surtout en hiver. La ville passe l’hiver sous la neige et s’anime l’été. Les chantiers de construction et de rénovation s’activent durant cette période. Inuits et Danois y cohabitent sereinement.
LifeSong repartira ensuite pour cinq jours de beaux vagabondages dans les fjords qui débouchent devant NUUK, par lesquels s’échappe un flot ininterrompu d’icebergs venus d’un autre glacier.
Encore l’impression de naviguer en montagne, dans des paysages souvent durs quand ils sont exposés au Nord et très verts quand ils sont au Sud, toujours très vallonnés. Plusieurs petits mouillages à proximité de villages. Un côté un peu Ecosse ou Norvège. Baleines souvent au rendez-vous. Et grand soleil constant, sans nuit.

LifeSong est revenu à NUUK pour préparer sa dernière étape vers ILULLISAT, ou il prendra ses
quartiers d’été en baie de DISKO.

Alors, préfères-tu les eaux froides du Groenland ou les eaux chaudes des Caraïbes d’où tu viens ? J’ai
l’impression que tu aimes bien les deux.

Écrit par Yves Cassin, équipier extraordinaire

On nous dit souvent qu’on est fous, inconscients ou courageux de vivre à bord avec un bébé. 

Mais réellement, n’est-ce pas le plus beau cadeau qu’on peut lui faire; qu’on peut NOUS faire? 

Quoi de mieux pour un nouveau-né que de se faire bercer par le constant mouvement du bateau, de s’endormir au son du moteur hors bord, de regarder les vagues défilées le long de la coque et de vivre 24h/24 avec ses deux parents.  

Puis plus vieux, rien de tel que de vivre quotidiennement de nouvelles aventures, de faire de nouvelles découvertes, de rencontrer de nouvelles personnes toujours prêtes à donner de l’attention… Et il y a tellement de choses fascinantes sur le bateau: tous les winchs et les cordes, les oiseaux qui suivent le bateau, la barre à roue, papa qui bricole… 

Sans oublier, l’immense piscine d’eau de mer toujours disponible pour un rafraichissement!

Évidemment, il y a des points négatifs ou plutôt certaines complications: l’espace de jeux (et les jouets) restreints, l’éloignement de la famille, dans certains pays, la difficultés de trouver des articles pour bébé, les navigations par gros temps et éventuellement, les amis de son âge un peu plus difficiles à trouver.

Voilà, je suis à court de points négatifs…

Depuis la naissance de Raphaël à Tahiti en septembre 2017, nous n’avons jamais douté de ce mode de vie. Même lors de ma grossesse en navigation entre l’Antarctique et la Polynésie, je n’ai jamais voulu rentrer au pays.

Raphaël a aussi servi d’excellente excuse (à Christophe) pour me convaincre qu’on devait changer pour un plus grand bateau… Christophe n’a donc pas perdu de temps pour nous trouver un magnifique 68 pieds; LifeSong!

Chaque jour, nous nous rappelons la chance que nous avons de voir notre bébé évoluer, sourire et grandir. On se souhaite encore plusieurs années de navigation!

Pour ceux qui veulent tenter l’aventure, voici un blog que j’ai trouvé très intéressant à lire avant l’arrivée de Raphaël. Voir: Poussé par le vent